CHEF

Publié le par Edouard Bodin

 Personnalité créatrice habitée par une vision du historique du monde.

Pour être fécondés par l'histoire, tout mouvement ou régime politique, tout peuple ont besoin d'un chef, c'est-à-dire d'une tête. Le chef, même s'il est élu, choisi, est néanmoins prédestiné et habité par une étincelle divine, à moins qu'elle ne soit génétique. L'histoire est la fécondation de l'âme passive des peuples par l'âme active des chefs-nés.

Le chef-né, homme ou femme, est une figure récurrente et nécessaire de l'histoire, notion qu'ont récusée les marxiste égalitaires (attachés au dogmatisme des "masses") qui, pourtant, n'ont survécu que par des chefs-nés...

Le chef-né porte en lui les dangers du despotisme, mais le destin est ainsi fait, il n'est pas irénique. La texture de l'histoire n'est pas conforme aux visions de l'égalitarisme humanitaire actuel. Le chef-né est l'homme des tempêtes, mais aussi des créations fulgurantes. Il surgit là où on ne l'attend pas, quelle que soit l'idéologie qui l'anime. Il prend la réalité à bras le corps et la transfigure. Il séduit le peuple comme le serpent parlyse l'oiseau. Il est la surprise de l'histoire, qu'elle soit divine ou qu'elle soit dramatique et sanglante.

Le chef-né est une figure à la fois indispensable et tragique. Il peut élever et libérer (Charles Martel, Jeanne d'Arc, Mustapha Kemal...) comme être un tyran (Lénine, Staline, Mao...) ou un conquérant (Alexandre, Napoléon,Abd-El-Raman...). Mais il est une donnée incontournable de la vie des peuples face aux périls qui les menacent toujours et aux occasions qui se présentent à leurs ambitions.

Dans cette civilisation décadente et en fin de course, les chefs-né n'apparaissent plus parce que les élites naturelles se détournent du politique et désertent le service du peuple (confondu avec l' "Etat"), abandonné aux fonctionnaires carriéristes. Dans la situation que nous vivons, seule une crise tragique, qu'il faut peut-être souhaiter, permettra à un chef-né de surgir. Il serait le seul qui puisse permettre de trancher le noeud gordien d'une situation historique qui paraît inextricable.

Le chef-né a donc un caractère dictatorial, mais au sens positif du terme. Le dictateur n'est pas le tyran oppressif, mais celui qui "dicte", qui tranche et qui sauve dans les situations d'urgence. Le chef-né apparaît donc comme le protecteur suprême du peuple, désintéressé, symbole supérieur de la véritable démocratie, la démocratie "populiste", conforme à la philosophie politique hellénique.

Le chef-né est celui qui, tout à la fois met en mouvement le peuple et protège son ancestralité, son identé. Il estt celui qui brise un système pour lancer une dynamique futuriste qui va paradoxalement préserver l'archaïque, c'est-à-dire l'âme d'une civilisation. Il est tout à la fois Eveilleur et Dictateur.

Aujourd'hui, l'Europe a besoin de chefs-né car elle ne sera sauvée ni par des intellectuels, ni par des politiciens, ni par les entrepreneurs, mais par celui ou ceux qui incarneront l'Ame du peuple.

Mais attention: il n'est pas de généraux sans armée. Il n'est pas de chef sans peuple.

                                                Extrait de "Pourquoi nous combattons" de Guillaume Faye
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Publié dans REFLEXION

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